Bio
Lamberto Bargallo

Je me présente, Lamberto BARGALLO, né le 7 mars 1949 à Mora la Nova, Tarragone, Espagne.
Mon parcours artistique commence très tôt, sous le soleil catalan de Barcelone, Espagne et sa douceur de vivre. Très jeune, je passais plus de temps à dessiner ou à façonner de la mie de pain qu’à jouer au ballon.
Aux alentours de 7 ans, je copiais les images trouvées dans des livres d’aventure ou dans des BD mythologiques. Tout retenait mon imaginaire, le moindre petit caillou prenait la forme d’un visage, un nuage celle d’une figure humaine ; c’était et restera toujours magique.
Voyant cette passion, de 10 à 13 ans, ma maman m’inscrit à l’Académie de dessin St.LLuc à Barcelone. C’était une vielle académie dans un vieil immeuble du quartier gothique carrer Del Pi.
Je me souviendrai toujours de ce grand escalier qui conduisait au premier étage, et de l’intérieur de l’académie avec ses salles très sombres, remplies de modèles qu’il fallait copier, des bas-reliefs et des sculptures en plâtre, couvrant de haut en bas ces
ces immenses murs blancs couverts de poussière. Chaque soir, dès la sortie de l’école que j’ai quittée à mes 13 ans, je déposais mon cartable, prenais mon carton à dessins puis filais à tout vitesse à « mon académie ».
Cette enfance et mon adolescence, où j’ai été très tôt confronté aux responsabilités, ont déterminé mon parcours. Et pourtant, en ce temps-là, j’étais loin de penser que j’allais devenir un artiste, aimant apprendre mais aussi transmettre, me mettant à l’épreuve, remettant toujours en question mes connaissances dans tous les domaines plastiques, du dessin à la peinture en passant par la sculpture, mon domaine de prédilection. Cette enfance méditerranéenne m’a donné le goût et l’attirance pour les mythes qui prennent leurs racines dans les mondes antiques et primitifs. Totalement instinctif, je suis touché par les rencontres et les expériences de la vie, inspiré par les formes humaines et les éléments de la nature.
En 1969, j’ai 20 ans, une envie de découvrir mon pays d’origine, l’Espagne, et l’Europe. Je prends donc mon sac à dos et en avant, la France, la Suisse, l’Allemagne. J’espérais pouvoir m’embarquer sur un chalutier norvégien pour quelques mois et ainsi disposer d’un petit pécule qui me permette de vivre tout en me consacrant à la peinture. Mais la douane danoise m’a refoulé, n’ayant pas assez d’argent en poche. Demi-tour via l’Allemagne, la France et Paris. Là, je dessinais sur les ponts. Au parc du Vert Galand, une dame me propose de m’accueillir, avec d’autres, pour les nuits : une bonne fée. Mais le vol de mon passeport me contraint à retourner à Barcelone.
En 1970, ma « bonne fée » me rend visite à Barcelone et nous repartons pour Paris. Là, ne pouvant rentrer aux Beaux-arts section peinture-sculpture, je m’inscris à la faculté de Vincennes (Paris VIII), en section Arts Appliqués, pendant quatre ans. Je vis dans une communauté, de petits boulots en restauration ou en rénovation, et je peins. J’ai de plus en plus envie de « frapper » la matière et progressivement je passe à la sculpture dans un local que je loue. Là naît « SOMNOLENCE », un défi artistique : une marqueterie réalisée en creux et en bosses. Et un ami m’amène à m’inscrire à la « Maison Des Artistes ».
En 1975, j’obtiens un logement-atelier à la Cité Internationale des Arts (Paris-4ème). J’y travaille beaucoup et fais de belles rencontres. Je peux compter sur le soutien de la Directrice de la Cité, Mme Bruneau. Elle me présenta à M. Chirac ainsi :
« voilà M.Bargallo, le plus français de nos étrangers ».
Je suis resté deux ans à la Cité, puis trois ans aux ateliers de Montmartre rue Norvins.
En 1980, un atelier m’a été octroyé à Saint-Ouen dont la Mairie m’a acheté une œuvre en bois.
En 1985, par le Ministère de la Culture, j’obtiens un logement-atelier à Nogent sur Marne, une très belle opportunité pour exprimer mon art tout en préservant ma famille. J’y suis encore installé.
Dès 1978, conscient des réalités matérielles, je produis beaucoup d’œuvres en diversifiant et améliorant mes techniques, tout en enseignant à des jeunes de la DASS (Institution Ségaux ; cours Chapuis) ou à des adultes (ADAC - Ateliers de Paris). Au long de ces années mon travail a évolué. D’abord peintre, le chant de la pierre que l’on frappe m’a enchanté et conduit à la sculpture, à laquelle je me consacre depuis 1974. D’abord la sculpture sur bois, avec des œuvres inspirées par la mythologie grecque ou des œuvres de marqueterie remarquées car la marqueterie est posée en bosses et creux. Puis j’ai réalisé des bronzes en coopération avec des fondeurs qui m’ont fait découvrir leur métier ; par le bronze, j’ai réussi à traduire le mouvement de différents sports dans des œuvres acquises par le Ministère des Sports. Le chant de la pierre m’a ramené au travail sur la pierre de St Maximin, puis sur la stéatite, cette pierre fragile qui joue avec la lumière. Plus récemment la terre cuite m’a fait voyager dans des univers fantastiques de constructions troglodytes.
Je n’arrêterai pas de rêver et d’imaginer ; de traduire cette vie intérieure par des œuvres et partager ainsi mon monde.